Des initiatives



Dans notre société pour laquelle les chiffres ont souvent valeur de preuve irréfutable, il devient essentiel de mener en classe, dans le cadre de l’Enseignement Moral et Civique, une analyse sur la façon dont sont produites les statistiques. A leur sujet, l’humoriste Abe Burrows signalait que « La raison d’être des statistiques, c’est de vous donner raison ». Malgré l’idée qu’elles seraient manipulables, elles semblent pourtant une donnée incontournée plus qu’incontournable pour mesurer la température d’une démocratie, à plus forte raison à l’âge du numérique, puisqu’elles sont la reconnaissance des tendances que suit l’opinion publique à la commande des gouvernements, des médias, du monde de l’entreprise. En effet, l’opinion se partage, se dévoile, se placarde, se critique, se confronte dans la presse mais se traduit en questions dont les réponses imposeront la « loi du nombre ». Faire prendre conscience de ce phénomène aux élèves, dès le collège est un authentique projet citoyen et un impératif pédagogique pour développer leur intelligence d’adulte. C’est de ce postulat qu’est née la Cellule Etude et analyse, un « institut d’enquête » . Dans cette cellule, les élèves enquêteurs apprennent à développer des sondages, à organiser des processus de questionnement, à hiérarchiser les démarches d’investigation pour interroger leurs confrères du collège ou la société civile sur ses positions, ses avis, ses fonctionnements.

 


Pas de scandale, pas de voyeurisme, pas de délation non plus : la Cellule Veille Citoyenne veut juste contribuer à résorber les dysfonctionnements de notre société à l’échelle locale. Identifier, proposer, coordonner, agir, elle est née d’une envie spontanée d’élèves de 5e durant leur premier cours d’EMC. Choqués par les injustices du monde dans lequel ils veulent trouver leur place, déçus par le manque de reconnaissance des adultes envers leur bonne volonté, frustrés par leur impuissance à organiser un projet leur permettant de s’engager, ces élèves ont décidé de se fédérer pour ouvrir le champ des possibles ici, près de chez eux, aux pieds des tours ou au cœur du quartier. Certes, les premières envies étaient touchantes de naïveté : résorber la faim dans le monde, régler le problème de la pandémie du SIDA, en finir pour de bon avec les discriminations. Mais après le temps de la réflexion et du débat, des combats à leur mesure sont apparus. Après concertation et vote, les élèves ont décidé de porter leur militantisme associatif sur la question des enfants malades de longue durée accueillis à l’hôpital Pontchaillou, en bordure du quartier de Villejean. Leur postulat est simple : un enfant doit être intégré à une classe d’élèves de son âge pour se développer et s’épanouir. Il s’agit donc de considérer chacun de ces enfants malades comme des élèves à part entière de la classe et de se comporter avec eux comme avec des camarades absents en produisant pour eux des supports de savoirs et de compétences. Heureuse chance, dans leur périple, les membres de « Je dénonce ! » ont croisé « D’Click », une association de vidéastes qui a accepté bénévolement de partager leur expertise et leur fibre solidaire pour produire avec eux une émission de télévision afin de valoriser leur engagement citoyen.

 


A venir…