L’abolition de la peine de mort

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[Par Guillaume Bellan]

L'abolition de la peine de mort

M. Vignaud, professeur de philosophie, organise avec ses élèves un échange sur la peine de mort…

 

M. Vignaud : Bonjour à vous. Aujourd’hui, on va parler de l’abolition de la peine de mort. Vous avez eu le temps de faire des recherches ?

Jérémy : Oui, j’ai regardé sur Internet, y a pas mal de choses. Ça date de 1981.

Linh : On étudie ça en cours français dans Le Dernier jour d’un condamné.

M. Vignaud : Alors, oui diapo 1, comme dit Jérémy, en 1981, un monsieur, Robert Badinter, a décidé de s’emparer de la question, qui a pris forme, en 1791, avec Lepeltier de Saint Fargeau, puis Hugo en 1832. Dans un contexte où la culpabilité de certains condamnés pouvait être mise en doute, Badinter, devenu Garde des Sceaux, a transformé cette promesse de la campagne présidentielle en loi. Elle est rentrée dans la Constitution en 2007.

Gwen : Donc c’est à cause des innocents qui ont été tués qu’on a aboli la peine de mort ?

M. Vignaud : Entre autres. De nombreux arguments vont dans le sens de l’abolition. 

Serge : Monsieur ? Parfois, c’est prouvé que les criminels sont coupables. Et là, ça vaut bien la peine de mort !

Jérémy : Serge, c’est pas logique c’que tu dis, on va pas voler un voleur, ou violer un violeur. Pourquoi on tuerait un tueur ?

Linh : Puis, on a vu en cours de SVT que la science pouvait se tromper. L’ADN peut parfois prouver qu’ils sont coupables, mais dit pas qu’il faut les tuer pour ce qu’ils ont fait.

M. Vignaud : Tu as raison Linh, c’est la diapo suivante. Le droit à la vie ne doit pas se fonder sur la science, mais sur une approche humaniste. Plusieurs textes de loi en parlent, dont la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que vous pouvez trouver dans le manuel. Gwen, tu peux lire les articles au tableau, s’il te plait ?

Gwen : Art. 3 « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » Art.5 « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

M. Vignaud : Et cela est applicable à tous les êtres humains, selon l’art. 2 sans distinction aucune à travers le monde entier.

Sarah : Pourtant dans certains pays, certaines personnes sont lapidées, non ?!

M. Vignaud : Oui, en effet chaque pays à son histoire. Regardez en France, cela a pris deux siècles. Dans certains pays, elle est encore présente, mais n’est plus prononcée. Et dans certains pays, on a mis en place un moratoire : « on arrête tout et on réfléchit ensemble ! » Des associations et des ONG y travaillent aussi.

Gwen : Ah ouais, comme Amnesty International ?

M. Vignaud : Oui et d’autres. Ces personnes ont montré que la peine de mort n’était pas dissuasive. On ne constate pas de diminution du crime. Et c’est nier la spécificité de l’être humain à pouvoir évoluer.

Jérémy : J’ai lu aussi que ça pouvait être une peine collective, je comprends pas pourquoi ?

M. Vignaud : Le condamné a-t-il de la famille, Jérémy ?

Jérémy : Ben oui !

M Vignaud : Alors la peine de mort atteint aussi les enfants, les parents, les frères et sœurs, les amis, les connaissances du condamné. D’où l’idée de peine collective. Et comme le « paradoxe du tas », que nous avons déjà vu : si l’on condamne une personne pour tel acte, ne commence-t-on pas à abaisser le premier levier de toute une série ? Les meurtriers ? Les opposants politiques ? Ceux qui sont différents ? … ? Nous, tous ici !?

Jérémy : Ah bah non !

Gwen : Non, non, non.

Serge : Non !

M. Vignaud : Alors c’est pour ça que c’est un NON catégorique pour la peine de mort !

Linh : En fait, si aucun crime ne mérite la peine de mort, alors rien ni personne ne peut tuer quelqu’un. Et du coup, seule la justice peut se prononcer sur ses actes.

M. Vignaud : Oui, pour résumer, l’abolition de la peine de mort a permis une avancée sur les droits fondamentaux pour chaque être humain sur la planète, mais il reste encore à faire.

Serge : Monsieur, je viens de lire une phrase sur Internet de Robert Badinter : tout Parlement « doit être le phare qui éclaire les voies de l’avenir, et non le miroir qui reflète les passions de l’opinion publique. »

M. Vignaud : Et j’encourage chacun d’entre vous, autour de vous à être ce phare !

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