Paréidolie

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[Par Guillaume Bellan]

Paréidolie

Le 25 juillet 1976, Viking 1, survolant Mars, prend un cliché du site Cydonia Mensae. Le monde découvre ébahi un visage à la forme humaine. Le 11 septembre 2001, à New York, dans le flot incessant des captures prises, on croit distinguer un visage d’ange ou de démon, au choix. Le 11 novembre 2020, à Blois, Guillaume prend en photo le ciel, dans lequel il a observé un nuage en forme de visage.

Ces trois événements ont un point commun. Nul présage en vue : c’est juste la capacité du cerveau humain à donner du sens, toujours donner du sens, parfois là où il n’y en a pas. Dans le foisonnement que représentent toutes les images qui auraient pu être prises du sol martien, du World Trade Center en proie aux flammes, ou des formes de nuages, la chance était grande qu’un visage apparaisse. Il en existe bien d’autres, au nombre desquelles, la photo en forme de cœur de Yann Arthus-Bertrand.

Ce phénomène a un nom : la paréidolie. C’est un stimulus (visuel ou auditif) vague et diffus par lequel nous croyons reconnaître un son ou une image familiers. Les psychologues en ont même fait un test, celui de Rorschach, où le patient doit décrire les formes qu’ils voient. Aucune bonne réponse, ce test permet juste de révéler ce qui est important pour celui-ci, d’un point de vue personnel, professionnel, social ou culturel.

Comment ça fonctionne ? Notre cerveau – cette partie-là se situe dans le lobe frontal –  analyse tout : il va donc transformer tout ce qu’il peut afin de l’associer à des objets qu’il connaît déjà. C’est rassurant pour l’individu : c’est une capacité essentielle pour la socialisation, tant pour reconnaître les amis que les ennemis. Cependant, ce mécanisme cérébral explique beaucoup de perceptions ou de phénomènes non expliqués. Il est fréquent de confondre des nuages que l’on appelle altocumulus ou cirrocumulus de forme lenticularis en soucoupe volante, ou bien encore de confondre en pleine nuit dans une forêt des branches en hommes allongés surnommés Slender Men.

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