Pékin a marché sur la Lune

Pékin a marché sur la Lune [Crédit:Auriane Latrémolière]
Pékin a marché sur la Lune [Crédit:Auriane Latrémolière]
[Par Baptiste Wolf]

Août 2019 : Donald Trump voulait racheter le Groenland

Le 3 janvier 2019, La Chine est la première puissance à atterrir sur la « face cachée » de la Lune. Quels enjeux géopolitiques peuvent donc s’y cacher ?

En pleine guerre froide et durant près de 20 ans, les États-Unis et l’URSS se sont rendus coup pour coup, n’hésitant pas à investir des sommes titanesques dans leur programme spatial. Ainsi, quand le 12 avril 1961 les Russes parviennent à envoyer le premier être humain dans l’espace, le président américain J.F. Kennedy demande au Congrès le budget nécessaire pour l’envoi d’un être humain sur la Lune avant 1970. Sous la direction de Wernher von Braun, ancien ingénieur du IIIe Reich ayant notamment développé les terribles missiles V2 lancés sur Londres, ce sont près de 25 milliards de dollars (équivalent à 150 milliards de dollars actuels) qui ont été investis dans le programme Apollo : près de 6% du budget national. Depuis 1972 et la sixième mission Apollo, plus aucun être humain n’est retourné sur la Lune, l’Union soviétique n’ayant plus les moyens d’investir dans une bataille qu’elle avait déjà perdue.

En 2017 et après seulement un an passé à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump annonce ses intentions de revoir un astronaute américain poser le pied sur la Lune, avec les mêmes motivations politiques que dans les années 60. Cependant, le rival technologique n’est plus soviétique, mais chinois. En effet, Pékin a également à cœur depuis le début du XXIe siècle de montrer au monde entier la puissance de la République Populaire de Chine et cela passe aussi par la recherche et l’ingénierie spatiale. Dans ce sens, l’Administration spatiale nationale chinoise est parvenue, début 2019, à poser un rover sur la face cachée de la Lune, chose inédite et représentant une prouesse majeure. Que veut la Chine ? Construire une base permanente, prémices d’une zone économique entre la Terre et la Lune puis en faire un poste avancé pour préparer de futures conquêtes spatiales. La technologie se trouvera au cœur d’un potentiel affrontement mondial généralisé et conquérir la Lune s’apparente donc à une forme de dissuasion, au même titre que la dissuasion nucléaire. Avec son pas sur la Lune, la Chine montre qu’elle est en chemin…

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